Accueil SPORTS CHRONIQUE – SPORT: le ministre que le sport guinéen attend!

CHRONIQUE – SPORT: le ministre que le sport guinéen attend!

On peut changer un nom. On peut scinder un ministère. On peut même nommer un nouveau ministre. Mais si la vision ne change pas, le résultat restera le même. La séparation des ministères de la Jeunesse et des Sports n’est pas une simple réorganisation administrative. C’est un test. Un test de cohérence avec l’ambition affichée de Simandou 2040.Car aujourd’hui, le sport n’est plus un secteur de dépenses. Il est devenu une industrie.

À Rabat, Dakar, Abidjan ou Kigali, le sport attire des investisseurs, crée des emplois, remplit des hôtels, fait vivre des PME, construit des infrastructures et renforce l’image d’un pays. Le ballon ne roule plus seulement sur une pelouse; il fait tourner une économie.

La Guinée possède un formidable capital, une jeunesse abondante, des talents reconnus dans presque toutes les disciplines et une passion populaire qui ne demande qu’à être structurée. Ce potentiel est immense, mais il reste largement sous-exploité.

Le futur ministre des Sports sera donc jugé sur autre chose que des trophées. On ne lui demandera pas uniquement si le Syli national gagne ses matchs. On lui demandera combien d’académies ont vu le jour, combien d’infrastructures ont été construites, combien d’emplois le sport a créés, combien de compétitions internationales la Guinée aura accueillies, combien d’investisseurs auront choisi de miser sur l’économie sportive guinéenne.

Le temps du ministre gestionnaire est révolu. La Guinée a besoin d’un bâtisseur. D’un manager capable de dialoguer avec les fédérations, mais aussi avec les banques, les investisseurs, les collectivités locales et les partenaires internationaux. D’un responsable qui considère un stade comme un actif économique, un championnat comme un produit à valoriser et un jeune talent comme un investissement national.

Le défi est immense. Les infrastructures sont insuffisantes, les championnats peinent à se professionnaliser et les fédérations font régulièrement face à des crises de gouvernance. Pourtant, c’est précisément dans les périodes de transition que se dessinent les grandes réformes.

Le futur ministre devra faire du sport un pilier de la stratégie Simandou 2040. Non pas comme un secteur périphérique, mais comme un levier de croissance, d’inclusion sociale et de rayonnement international.

Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas:    «Qui sera ministre des Sports ?» La vraie question est:  «Qui est capable de transformer le sport guinéen en une industrie créatrice de richesses pour la Guinée de 2040?»

C’est à cette aune que sera jugé le prochain titulaire du portefeuille. Et c’est peut-être là que commencera la véritable révolution du sport guinéen.

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