Les images ont défilé comme un mauvais film déjà vu: choquantes, brutales, indignes. À Kankan, les joueurs du Wakriya AC ont été victimes d’une violence inouïe, au terme d’un simple match nul (1-1). Oui, un match nul. Rien qui ne mérite cette déferlante de coups, de chaos, d’humiliation. Car quel que soit le scénario, personne absolument personne ne mérite de se faire martyriser sur un terrain de football.
Parce que le football, normalement, c’est la joie, la passion, la sueur mêlée à l’espoir, la ferveur populaire… pas un champ de bataille où l’adversaire devient un punching-ball collectif. Mais hélas, au stade Mballou Mady Diakité, le scénario commence à devenir un classique. Une œuvre à épisodes. Une série noire.
Avril 2024 : Renaissance FC agressé. Novembre 2025: Wakriya agressé. Même lieu. Même mode opératoire. Même barbarie. Et surtout… même silence assourdissant. Car qu’a-t-on fait la dernière fois? Un communiqué. Une petite amende. Puis rideau. On éteint la lumière, chacun rentre chez lui, et on prie pour que la prochaine victime ait la peau dure.
Faudrait-il donc que l’irréparable se produise pour que les autorités du football guinéen acceptent enfin de se tenir debout? Faudrait-il un drame, un vrai, un de ceux que l’on ne répare jamais, pour oser dire: “trop, c’est trop”?
La LGFP, où êtes-vous? La Fédération Guinéenne de Football, que faites-vous? Et surtout… Milo FC, pourquoi est-ce toujours chez vous que ces pages sombres s’écrivent? Le hasard n’a jamais été aussi régulier.
L’heure n’est plus aux excuses. Ni aux discours décoratifs. Ni aux sanctions symboliques. Il faut des décisions fortes, réelles, immédiates parce que la répétition n’est plus un accident: c’est une habitude. Et une habitude dangereuse.Une habitude indigne. Une habitude qui salit, à chaque incident, notre football pourtant si riche, si passionné, si beau lorsqu’il est joué… et non détruit.
Parce qu’à ce rythme, ce ne sont plus les clubs que l’on menace, mais la vie même des acteurs du jeu. Et cela, aucun sport, aucun championnat, aucune conscience ne peut l’accepter.






