Accueil ACTUALITÉ Tribune | Présidentielle 2025: le calme avant le vrai choix!

Tribune | Présidentielle 2025: le calme avant le vrai choix!

En Guinée, une élection présidentielle n’est jamais un simple exercice administratif.C’est un moment de vérité.Un test de maturité. Parfois même, une épreuve collective. Depuis 1961, date de la toute première présidentielle, le pays a appris à voter, parfois sans réellement choisir, parfois en choisissant dans la douleur.

Les scrutins se sont succédé, chacun porteur de son contexte, de ses tensions, de ses non-dits. 1968, 1974: des plébiscites plus que des compétitions. 1982: la dernière présidentielle de Sékou Touré, comme un dernier souffle avant le basculement.

Puis vint 1993, la première présidentielle pluraliste, organisée après une transition. Une rupture. Une promesse démocratique encore fragile. 1998 et 2003 ont prolongé un pouvoir dans un climat de contestation permanente. 2010, autre transition, autre espoir, mais aussi d’immenses attentes. 2015 a reconduit un pouvoir, 2020 a divisé une nation autour du débat du troisième mandat.

L’histoire électorale guinéenne est ainsi faite : dense, chargée, parfois heurtée. Le vote y a trop souvent été synonyme de crispation, de tension, de peur. La campagne électorale, elle-même, était devenue un moment redouté, presque redoutable.

Et pourtant, 2025 arrive avec une tonalité différente. Le 28 décembre, les Guinéennes et les Guinéens sont appelés aux urnes après une nouvelle période de transition. Le parallèle avec 1993 et 2010 est évident. Mais la comparaison s’arrête là. Car cette fois, un fait mérite d’être souligné avec force : la campagne électorale s’est déroulée dans le calme. Pas de violence majeure. Pas de débordements notables. Pas de chaos annoncé.

Les candidats ont fait campagne sans heurts, les populations ont écouté sans crainte, le pays a observé sans trembler. Dans une Guinée habituée aux tensions électorales, cette sérénité est tout sauf anodine. Elle marque une évolution. Elle impose le respect. Elle appelle à la responsabilité. Mais l’essentiel reste à venir. Car une campagne apaisée ne vaut que si le scrutin l’est tout autant. Le véritable enjeu de cette présidentielle se situe désormais dans la participation citoyenne, dans le respect du choix des urnes et dans l’acceptation du verdict populaire.

Aller voter, ce n’est pas simplement glisser un bulletin dans une enveloppe. C’est poser un acte de foi en la République. C’est confier, pour sept ans, les destinées d’un pays à un choix assumé.

La Guinée n’a plus besoin de démonstrations de force. Elle a besoin de démonstrations de maturité. Elle n’a plus besoin de cris. Elle a besoin de conscience. Au-delà des appartenances politiques, régionales ou idéologiques, une évidence s’impose. La nation est plus grande que nos divergences.

Cette présidentielle offre une occasion rare,  celle d’inscrire durablement une culture électorale apaisée, responsable et digne. Une élection vécue non comme une menace, mais comme une chance. Non comme une rupture, mais comme une continuité républicaine.

Le 28 décembre 2025, la Guinée ne vote pas seulement pour un président. Elle vote pour une méthode. Elle vote pour une posture. Elle vote pour l’image qu’elle veut donner d’elle-même. L’Histoire observe. Le peuple décide. Et cette fois, plus que jamais, la page doit être belle.

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