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Tribune | Coupe Nationale de Guinée: quand la Guinée met en pause sa souveraineté depuis 6 ans!

Depuis la finale de 2019, remportée par le Horoya AC face au CI Kamsar (3-0), la Guinée vit sans sa Coupe nationale. Six années de silence. Six années d’oubli. Six années d’une anomalie devenue, à force d’indifférence, une triste normalité. Et pourtant, nul ne s’en émeut. Ni les équipes fédérales qui se sont succédé, ni le ministère des Sports, pourtant dépositaire et garant de cette compétition qui incarne bien plus qu’un simple trophée.

Car la Coupe nationale de Guinée n’est pas une compétition comme les autres. Elle est née avec l’État guinéen, presque dans son sillage. D’abord appelée Coupe PDG, elle voit le jour en 1960, deux ans après l’indépendance, et s’inscrit dès lors comme un rendez-vous annuel, populaire, imprévisible, fédérateur. La supprimer, c’est plus qu’effacer une ligne du calendrier sportif: c’est suspendre un pan de la souveraineté nationale.

Oui, osons le mot. Car qu’est-ce qu’une Coupe nationale, sinon l’expression sportive de l’unité d’un pays ? Quand elle disparaît, c’est comme si la nation consentait à une amnésie volontaire, renonçant à un symbole qui, autrefois, faisait vibrer Conakry, Kindia, Labé, Mamou,  Kamsar, Boké, N’Zérékoré ou Kankan au même rythme.

La magie de la Coupe de Guinée résidait précisément dans son imprévisibilité. Elle offrait aux clubs dits “modestes” l’occasion de renverser les hiérarchies établies. Le Club Olympique de Kakandé, l’Olympic de Conakry, le FC Gangan de Kindia, le FC Séquence, Conakry II, Manden FC de Siguiri, Lalaba FC, Makona FC de Guéckedou… autant de noms inscrits au palmarès, autant de preuves que le football guinéen ne s’est jamais limité à ses mastodontes.

Cette compétition parlait à toutes les divisions, à tous les territoires, à toutes les ambitions. Elle faisait du football un langage commun, un espace d’égalité, un moment de communion nationale. Aujourd’hui, cette magie nous est confisquée. Et l’on serait tenté de demander: au nom de quoi ?

Six ans que la Coupe Nationale de Guinée  n’existe plus. Six ans que ce vide ne semble déranger aucune autorité. Ce mutisme est non seulement inquiétant, il est révélateur. Révélateur d’un rapport désinvolte à notre histoire sportive, mais aussi à nos valeurs fondatrices.

Il est inconcevable qu’un pays qui a bâti sa réputation sur la dignité, l’affirmation de soi et le respect de sa souveraineté accepte de perdre l’un de ses symboles les plus fédérateurs dans l’indifférence générale. La Coupe Nationale de Guinée doit être relancée, non par nostalgie, mais par devoir. Devoir de mémoire. Devoir d’unité. Devoir de souveraineté.

Car une nation qui oublie ses symboles finit toujours par fragiliser son identité. Et le football, en Guinée, n’a jamais été un simple jeu.

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