- Le débat autour d’une éventuelle suppression du Certificat d’Études Élémentaires (CEE) suscite une vive polémique dans le milieu éducatif guinéen. Alors que l’idée semble gagner du terrain dans certains cercles de réflexion au sein du ministère de l’Éducation, elle soulève également des inquiétudes majeures sur la qualité de l’enseignement et les répercussions sur le système scolaire.
Ce mardi, à Conakry, en marge d’un atelier, le Syndicat National de l’Éducation (SNE) a exprimé une position mesurée sur cette actualité qui défraie la chronique depuis le début de semaine. Le Secrétaire général du syndicat, Michel Pépé Balamou, a livré un discours nuancé, insistant sur la nécessité d’une analyse approfondie avant toute décision précipitée.
« Il faut une réflexion approfondie sur ce sujet, et ne pas directement sauter dessus », a-t-il confié à nos confrères de Allureinfo.net, tout en reconnaissant que le CEE représente « 45 % du budget d’organisation des examens », un coût jugé lourd pour un diplôme « qui ne sert à rien, puisque vous ne pouvez pas déposer le Certificat d’Études Élémentaires pour faire un test ou obtenir un emploi ».
Au-delà de la question budgétaire, le responsable syndical met en garde contre une réforme mal préparée qui pourrait aggraver les failles existantes dans l’éducation nationale.
« Il faut résoudre la question de la profession enseignante », plaide-t-il, estimant que les écoles de formation doivent être en mesure de produire des enseignants compétents, tant en nombre qu’en qualité. Pour lui, la priorité devrait être donnée à la consolidation des fondamentaux de l’école guinéenne : « Il faut élaborer un système d’évaluation rigoureux, qui ne permet pas à tout le monde d’accéder au collège », insiste-t-il.
Cette déclaration met en lumière un dilemme constant dans la gestion des réformes éducatives : faut-il sacrifier un examen symbolique pour faire des économies ou renforcer les bases du système avant toute réforme structurelle ?
« Si c’est une nécessité, il faut attendre que les conditions soient réunies et que le système éducatif atteigne un certain niveau de perfection. Sinon, on risque de tirer le niveau vers le bas, comme cela s’est vu après la suppression du Bac 1… », conclut Michel Pépé Balamou.
La suppression du CEE, si elle venait à être entérinée, pourrait ainsi devenir un marqueur d’une réforme bâclée ou d’un choix budgétaire imposé à un système déjà affaibli. La prudence du SNE vient donc rappeler que toute réforme, aussi économique soit-elle, doit d’abord être pédagogique et visionnaire.
📝 Propos recueillis par nos confrères de Allureinfo.net






