Le ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) a parlé. Les élèves reprendront officiellement le jeudi 25 septembre 2025. Décision claire, nette et précise, prise pour, dit-on, “garantir neuf mois de cours aux apprenants”. Jusque-là, tout va bien.
Mais en y regardant de plus près, le calendrier nous joue un drôle de tour. Parce que concrètement, les enfants mettront leurs uniformes flambant neufs le 25 et 26 septembre. Ils reprendront encore le chemin de l’école les 29 et 30, puis le 1er octobre… et stop ! Juste 4 petits jours de cours dans tout le mois de septembre. Après quoi, on bascule directement dans l’ambiance de la fête nationale du 2 octobre. Résultat : une rentrée scolaire qui ressemble plus à un échauffement qu’à un vrai marathon.
Et là, une question se pose, simple mais essentielle : pourquoi ne pas attendre après la fête d’indépendance ? Pourquoi nos décisions ne collent-elles presque jamais à nos réalités du terrain ?

Une citoyenne, Mariama Micka Keita, a eu le mérite de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Son raisonnement est limpide : cette rentrée précipitée n’apporte rien, si ce n’est une agitation inutile. Elle nous renvoie à un constat amer : trop souvent, chez nous, les choix officiels semblent davantage répondre à une logique administrative qu’à une logique pratique. Comme si le pays se gérait dans un bureau climatisé, loin de la vraie vie des familles, des élèves et des enseignants.
Car soyons honnêtes : une rentrée, ce n’est pas juste une date. C’est un moment de mobilisation nationale, une organisation familiale, un défi logistique pour des milliers de parents. C’est aussi une charge économique : inscription, fournitures, tenues scolaires… Or, lancer cette rentrée sur 4 jours “d’essai”, c’est forcer tout ce monde à courir pour presque rien. On ne parle pas d’un simple détail, mais d’un décalage complet entre la théorie et la pratique.
Et ce n’est pas la première fois que cela arrive. Le système éducatif guinéen souffre justement de ce genre d’incohérences : des réformes parfois déconnectées, des annonces à contretemps, des décisions qui semblent ignorer les réalités sociales et culturelles du pays. On veut faire sérieux, mais au final, on frôle souvent l’absurde.
Imaginez un instant : une rentrée fixée au 6 octobre 2025. Les élèves reviennent reposés, les parents ont soufflé après les fêtes, et les cours commencent réellement. Pas de coupure, pas de faux départ. Bref, une rentrée qui fait sens. Mais non… on préfère la version “on démarre vite, on s’arrête vite”.
Au final, cette rentrée scolaire 2025-2026 risque de laisser un arrière-goût de “vite fait – mal fait”. Et ce n’est pas qu’une histoire de dates : c’est une manière de rappeler que tant que nos décisions ne refléteront pas nos réalités, on tournera en rond.






