Et pourtant, malgré tout ce qu’il représente, l’attaquant guinéen semble relégué dans la hiérarchie des penaltys. En conférence de presse, Niko Kovač a été catégorique :
« Ramy est maintenant le tireur numéro un. À moins qu’il ne soit si gentil à un moment donné et qu’il dise : Serhou, tu peux aussi tirer maintenant. »

Car si la logique sportive devait primer, il n’y aurait même pas débat. Serhou Guirassy, ce n’est pas seulement des buts en cascade, c’est une efficacité clinique. Dans l’exercice du penalty, l’ancien Rennais affiche un taux de réussite de 85% : 33 tentatives, 28 converties, seulement 5 ratés. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes et qui placent Guirassy parmi les tireurs les plus fiables d’Europe.

Mais au-delà des stats, il y a l’évidence du terrain. La saison dernière, Guirassy a terminé co-meilleur buteur de la Ligue des Champions avec 13 réalisations, malgré l’élimination de Dortmund en quart de finale. Ses 38 buts en 50 matchs toutes compétitions confondues (21 en Bundesliga, 13 en C1, 4 au Mondial des clubs, 1 en Coupe d’Allemagne) ont littéralement porté le BVB, assurant au passage une qualification en Ligue des Champions que personne n’attendait. En clair : sans Guirassy, Dortmund n’en serait même pas là. Sans Guirassy, Niko Kovac ne serait peut-être plus sur ce banc aujourd’hui.

Alors pourquoi lui retirer ce rôle clé, qui plus est dans un exercice où il excelle ? L’entraîneur a choisi une hiérarchie basée sur son ressenti personnel, mais les chiffres contredisent cette intuition. Et ce faisant, il crée un précédent dangereux, envoyer le signal que son meilleur atout offensif n’est plus aussi indispensable qu’il l’était hier.
Le match nul face à la Juventus mardi soir en dit long, une équipe qui se prive de son serial buteur dans les moments décisifs, et qui refuse de lui donner la pleine responsabilité des penaltys, prend le risque de s’affaiblir toute seule. Kovac a peut-être voulu affirmer son autorité. Mais en reléguant Guirassy, il prend surtout le risque de saper la confiance de celui qui reste sa meilleure arme. Et ça, pour un coach dont la survie dépend justement des buts de son numéro 9, ressemble fort à un pari perdant d’avance.






