La lutte contre l’insécurité et le trafic de drogue prend un nouveau tournant à Kindia. Sous l’impulsion du procureur général Fallou Doumbouya, les forces de défense et de sécurité ont déclenché une vaste opération baptisée « Piment ». Objectif : frapper fort contre les zones criminogènes et les réseaux de stupéfiants qui gangrènent la région.
Le bilan est déjà lourd : 71 personnes interpellées, dont un militaire, des saisies importantes de drogues dures comme le Kush – une substance très concentrée et coûteuse – mais aussi de la drogue dite Suits, présentée comme une version encore plus puissante, ainsi que 31 téléphones saisis.
« Ce sont des produits extrêmement dangereux pour la jeunesse. Un petit morceau de Kush coûte jusqu’à 100 000 GNF », a alerté le colonel Mamadi Condé, commandant de la première région militaire, visiblement satisfait de l’opération. Il insiste sur l’union sacrée entre militaires, gendarmes et policiers pour « démanteler les foyers du grand banditisme ».
Mais c’est surtout l’arrestation d’un militaire soupçonné d’être impliqué dans ce trafic qui interpelle. « Si celui qui doit protéger devient complice ou chef de bande, c’est grave », s’est désolé le colonel Condé. Le sort de ce soldat, a-t-il précisé, sera tranché par la justice.
Autre fait marquant : l’appui enthousiaste des populations locales. Présentes sur le terrain lors des descentes, elles ont encouragé les forces de l’ordre et participé à la destruction de certains repaires criminels. « Cette adhésion populaire nous donne du souffle », reconnaît le haut commandant.
L’opération Piment n’est que le début, promet l’armée. Elle s’inscrit dans une démarche durable de sécurisation de Kindia. « Ce ne sera pas un feu de paille. La lutte est désormais permanente », assure le colonel Condé.
Avec cette action musclée, les autorités guinéennes affichent leur volonté de reprendre le contrôle des zones à risques et de frapper au cœur des réseaux de drogue, y compris quand ceux-ci infiltrent les rangs des forces de sécurité.






