Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) continue de trier le grain de l’ivraie dans la jungle politique guinéenne. Ce mercredi, 51 nouvelles formations ont reçu leurs certificats d’aptitude à exercer légalement, portant à 125 le nombre total de partis autorisés à fonctionner dans le pays.
Une information rapportée par nos confrères d’Allureinfo, qui évoquent une étape supplémentaire dans la politique d’assainissement engagée par les autorités. Mais derrière cette cérémonie aux allures de normalisation, une question demeure: que vaut réellement cette floraison de partis dans un contexte où la majorité peine à exister en dehors des périodes électorales ?
Parmi les nouveaux certifiés figurent des figures connues de la scène politique: Sidya Touré (UFR), Dr Ousmane Kaba (PADES), Aboubacar Soumah (GDE), ou encore Fodé Bangoura (PUP). Des noms familiers, certes, mais qui incarnent aussi le paradoxe guinéen : une pluralité affichée, mais une représentativité souvent limitée.
Le ministre Ibrahima Kalil Condé a salué un processus « transparent » et « régulier », rappelant que sur environ 300 partis recensés, 80 ont été dissous, 125 maintenus, 3 suspendus, et 20 encore en cours d’évaluation. Une épuration salutaire selon lui, indispensable pour « mettre de l’ordre ».
Reste que cet assainissement, aussi rigoureux soit-il, ne suffira pas à lui seul à redonner confiance à une opinion publique désabusée. Beaucoup attendent désormais des partis qu’ils sortent des bureaux et des communiqués pour reconstruire un vrai lien social et citoyen, loin des postures et des alliances opportunistes.
En toile de fond, le pouvoir central cherche à redéfinir les règles du jeu politique dans un environnement en mutation, où la légalité doit rimer avec légitimité.
Et si cette remise de certificats n’était qu’un premier pas vers une nouvelle ère de responsabilité politique en Guinée ?






