Jets de projectiles depuis les gradins, tension palpable, puis envahissement du terrain par des supporters. Le scénario, malheureusement trop familier, s’est imposé au fil des minutes. En cause, selon les constats établis sur place, un déficit organisationnel criant, notamment sur le plan sécuritaire.
Pour une rencontre de cette importance, seulement six (6) policiers avaient été mobilisés pour assurer la sécurité. Un chiffre largement insuffisant au regard de l’enjeu du match et de l’affluence attendue. Débordées, les forces de sécurité n’ont pas été en mesure de contenir la foule lorsque la situation a dégénéré.
Selon nos informations, la Police avait pourtant prévenu les organisateurs de son incapacité à mobiliser davantage d’agents. Tous les effectifs étant déjà engagés dans le dispositif sécuritaire lié à l’élection présidentielle prévue le dimanche 28 décembre, la marge de manœuvre était quasi inexistante. Résultat, face à l’envahissement du stade, la poursuite du match est devenue impossible.
Autre élément troublant, le commissaire du match, Bangaly Konaté, qui avait dirigé la réunion technique d’avant-match, se serait absenté avant le coup d’envoi, laissant la supervision de la rencontre à Alseny Mompé Sylla, agent de la LGFP. Une absence malvenue, qui renforce l’impression d’un manque de coordination et de rigueur organisationnelle, et qui aurait contribué au dérapage observé ce vendredi au stade de Coleah.
Au final, le ballon s’est arrêté, le jeu aussi, laissant place aux interrogations. Comment un match de Ligue 1 peut-il être lancé avec un dispositif sécuritaire aussi minimaliste ? Et surtout, qui devra répondre de cette rencontre avortée ?
Désormais, la balle est dans le camp de la Ligue Guinéenne de Football Professionnel (LGFP), appelée à statuer sur ce dossier dans le strict respect des règlements de la compétition, afin que la vérité sportive et réglementaire l’emporte sur le désordre.
Une chose est sûre: à Coleah, ce vendredi, le football a perdu… et l’organisation aussi.






