Le 27 octobre prochain, le football guinéen ne devra pas seulement choisir un président. Il devra choisir une méthode, une vision et surtout une équipe capable de remettre la gouvernance de la Fédération Guinéenne de Football des bases solides. La Feguifoot a officiellement convoqué son Assemblée Générale Extraordinaire et Élective à Conakry, avec pour mission d’élire le président, les vice-présidents et les membres du Comité Exécutif pour un mandat de quatre ans. Cette élection intervient après la vacance de plus de 50 % des postes du Comex.
Dans ce contexte, la question du profil des futurs dirigeants mérite presque autant d’attention que celle des candidatures elles-mêmes.
Un président pour rassembler, pas pour diviser
Le prochain président de la FEGUIFOOT devra d’abord être un rassembleur. Le football guinéen n’a pas besoin d’un chef de clan supplémentaire, mais d’un dirigeant capable de parler à toutes ses composantes et de restaurer la confiance entre les différents acteurs. Son autorité devra reposer moins sur les réseaux que sur la compétence, l’intégrité et la capacité à décider. Il devra également être un véritable manager : capable de fixer un cap, de s’entourer de professionnels, de déléguer et surtout d’exiger des résultats. Car diriger une fédération moderne ne consiste plus seulement à administrer des compétitions. Il faut gérer des ressources, négocier avec des partenaires, développer des infrastructures, structurer les compétitions et préparer l’avenir.
L’indépendance, une exigence
Le futur président devra aussi savoir tenir une ligne claire: travailler avec l’État sans dépendre de lui, collaborer avec la FIFA et la CAF sans perdre de vue les intérêts du football guinéen. Cette indépendance doit aller de pair avec une exigence devenue incontournable: la transparence. Gestion financière, contrats, projets, décisions et fonctionnement des organes: la prochaine équipe dirigeante devra accepter davantage de lisibilité et de responsabilité.
Un Comex de compétences, pas de fidélités
C’est peut-être là que se jouera le véritable changement. Le prochain Comité Exécutif ne devrait pas être une simple addition de soutiens autour d’un candidat. Il devrait fonctionner comme une équipe de compétences. Finances, droit du sport, compétitions, formation, football féminin, infrastructures, marketing, communication, développement du football amateur et des jeunes : autant de domaines qui nécessitent des profils identifiés et capables de travailler ensemble. Le président ne devrait donc pas chercher des applaudisseurs, mais des collaborateurs capables de le conseiller, de le challenger et, lorsque cela est nécessaire, de lui dire non.
Le véritable enjeu du 27 octobre
L’élection annoncée pour le 27 octobre est appelée à tourner une page institutionnelle. Mais elle ne prendra tout son sens que si elle débouche sur une gouvernance plus stable, plus professionnelle et davantage tournée vers les résultats. Le processus électoral sera placé sous la supervision de la Commission Électorale de la FGF, conformément aux textes statutaires.
Le football guinéen n’a donc peut-être pas besoin d’un président providentiel. Il a besoin d’un président solide, d’un Comex compétent et d’une vision commune. Car au fond, le prochain scrutin ne devrait pas seulement répondre à une question: «Qui va diriger la FEGUIFOOT ?» Il devrait surtout répondre à celle-ci: «Quelle FEGUIFOOT voulons-nous pour les quatre prochaines années ?»






