Ce qui devait être une journée de clarification et de consolidation s’est mué en un naufrage institutionnel à huis clos. Ce jeudi, à Conakry, la Fédération Guinéenne de Football (FGF) tenait son Assemblée Générale Extraordinaire, censée entériner l’élection de six membres cooptés pour compléter le Comité Exécutif. Mais à l’arrivée, seuls trois postes ont été pourvus : les autres candidats, tous issus du Collectif G47, ont claqué la porte avant même le début du scrutin.
Dr Minkailou Sampou, Kroutimy Mady Kaba et Daloba Oularé, figures de proue du G47, ont ainsi retiré leur candidature, révélant au grand jour l’implosion d’un pacte politique fragile, né dans les coulisses agitées de la révocation de l’ex-président Bouba Sampil. La scène, habillée en démocratie interne, a donc viré à la mascarade, vidée de toute sincérité collective.
Les promesses d’union, de réformes et de remise à plat des statuts, faites devant les émissaires de la FIFA, de la CAF et de l’UFOA-A, se sont évaporées dans l’atmosphère lourde de Conakry. Ce qui s’est joué ce jeudi n’est rien d’autre que la confirmation d’un divorce consommé entre les frondeurs du COMEX actuel et leurs anciens alliés du G47, désormais désabusés.

Autrefois solidaires pour faire chuter Bouba Sampil, en invoquant à cor et à cri des « violations statutaires » et un « vide administratif », les voilà désormais victimes de leur propre duplicité, embourbés dans des querelles d’intérêts et des trahisons feutrées. Comme un boomerang, les compromissions d’hier reviennent frapper les consciences d’aujourd’hui.
L’Assemblée Générale Extraordinaire n’était donc qu’un décor, un théâtre aux allures de légalité, où les engagements initiaux ont été sacrifiés sur l’autel du calcul personnel. L’idée de modifier les statuts en profondeur, voire de remplir les postes vacants dans un cadre transparent, a été jetée aux oubliettes. Le vernis démocratique a craqué, et les fissures sont désormais béantes.
Les délégués, pris une fois de plus pour des figurants, ont assisté à une mise en scène cynique, où le respect des textes est relégué au second plan, et où la parole donnée s’efface devant l’opportunisme politique. Ceux qui, hier encore,applaudissent les violations dans un silence complice, hurlaient aujourd’hui à la dictature statutaire.
Le football guinéen, otage d’un système rongé par l’hypocrisie, n’avance plus. Il tourne en rond, enfermé dans une spirale de manœuvres, de mensonges et de trahisons feutrées. Et pendant que les prétendus réformateurs se déchirent pour quelques strapontins, le jeu, le vrai, celui qui se joue sur les pelouses, continue de mourir en silence.






