Le malaise au sein de la Fédération Guinéenne de Football s’approfondit. Ce samedi, Abdoul Karim Bangoura, alias AKB, a annoncé sa démission irrévocable de la commission chargée de l’amendement des statuts de la FEGUIFOOT. Un geste fort, à la fois personnel et politique, qui vient allonger la liste déjà bien fournie des critiques visant la gouvernance actuelle de l’institution.
Dans une lettre adressée au président de la FEGUIFOOT, aux membres du Comité Exécutif et à ses collègues de la commission “Ad-Hoc”, l’ancien international guinéen exprime son profond désarroi face au traitement réservé aux travaux de la commission. Il déplore notamment que les recommandations, pourtant cruciales, aient été ignorées, alors même que certains articles notamment l’article 12 restaient au cœur de débats non tranchés.
« Alors que plusieurs points essentiels n’avaient pas encore fait l’objet de consensus, l’Assemblée Générale Extraordinaire a été convoquée. Nos travaux ont été tout bonnement écartés, sans qu’aucune suite claire ne soit donnée », écrit AKB dans un ton mêlant amertume et lucidité.
Au-delà de sa démission, AKB dénonce un climat d’opacité qui gangrène le fonctionnement de la Fédération. Le silence prolongé autour de la mission de la commission, le manque de communication institutionnelle et l’absence de reconnaissance du travail accompli illustrent, selon lui, une dérive inquiétante dans la gestion des affaires fédérales.
« Ce silence, ce désaveu implicite, prouvent que la mission a perdu tout son sens », souligne-t-il, avant de conclure par une prise de distance nette : « Je ne saurais continuer à cautionner un processus vidé de sa légitimité. »
La sortie d’Abdoul Karim Bangoura ne fait que confirmer les tensions palpables au sein de la maison FEGUIFOOT. En moins de deux ans, plusieurs membres ou partenaires de l’institution ont dénoncé le manque de transparence, l’autoritarisme du COMEX et les blocages structurels empêchant toute réforme crédible.
Si certains y verront un acte isolé, d’autres y liront le reflet d’un profond malaise qui sape peu à peu la crédibilité de la Fédération. Une chose est sûre : la crise de confiance est désormais ouverte, et la rupture entre discours officiel et réalité de terrain devient de plus en plus difficile à masquer.
Malgré tout, AKB réaffirme son engagement envers le football guinéen. Il se dit prêt à accompagner toute initiative sérieuse et inclusive visant à reconstruire l’institution sur des bases saines.
« Je reste disponible pour toute démarche véritablement porteuse de réforme, de transparence et de progrès », conclut-il.
La FEGUIFOOT peut-elle encore redresser la barre ? Ou cette démission sonne-t-elle le début d’un nouveau bras de fer interne ? L’avenir nous le dira.






