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Éditorial / CHAN: un tremplin pour la Guinée et pour Simandou 2040

Le CHAN 2024 vient de s’achever en apothéose à Nairobi. Trois pays le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda ont uni leurs forces pour livrer une organisation impeccable. Ensemble, ils ont relevé un défi que beaucoup croyaient hors de leur portée. Ensemble, ils ont montré à l’Afrique que le rêve devient réalité quand la volonté politique s’allie à la vision.

Et la Guinée dans tout ça ? Elle observe, elle soupire. Rappelons-le avec franchise : nous devions organiser la CAN 2025, mais nos lacunes criardes en infrastructures ont fini par nous coûter ce privilège. Un camouflet, une blessure nationale. Pourtant, au lieu de s’enfermer dans la frustration, pourquoi ne pas transformer cette humiliation en revancharde énergie créatrice ?

La piste est claire : un CHAN organisé par la Guinée et deux de ses voisins Guinée-Sierra Leone-Libéria, ou Guinée-Sénégal-Mali. Ce modèle, déjà validé par l’expérience kényane, permettrait de partager les charges, de mutualiser les forces, et de positionner notre pays dans une dynamique de crédibilité.

Et c’est ici que le parallèle devient évident. Aujourd’hui, nos autorités ont enclenché la vision Simandou 2040, bâtie autour de l’exploitation du plus grand gisement de fer au monde. Quinze années de planification, d’investissements colossaux et de chantiers d’infrastructures destinés à transformer notre territoire. Eh bien, pourquoi ne pas inscrire l’ambition sportive dans cette même logique ?

Simandou et le sport peuvent marcher main dans la main. Les routes, les chemins de fer, les hôtels, les stades : tout cela se complète, tout cela se nourrit. L’exploitation du fer et l’organisation d’une compétition continentale peuvent être les deux piliers d’une même vision : celle d’une Guinée modernisée, crédible et fière.

Le CHAN ne serait pas qu’un tournoi. Il deviendrait une vitrine. Une vitrine pour montrer que notre pays sait tenir un cahier de charges, sait accueillir le monde, sait tenir debout dans le concert des nations. Une vitrine pour prouver que l’Afrique peut compter sur nous.

Et pourquoi s’arrêter là ? Les CAN U17, U20 ou U23 pourraient constituer des étapes intermédiaires, des tests grandeur nature qui préparent progressivement la Guinée à reconquérir la confiance de la CAF. Chaque petite victoire d’organisation nous rapprocherait d’un jour rêvé : celui d’accueillir enfin, et dignement, une Coupe d’Afrique des Nations.

Car au fond, la Guinée mérite cette revanche. Elle mérite de laver l’affront de 2025. Elle mérite de se hisser au niveau de ses ambitions. Et pour y parvenir, elle doit comprendre une chose simple : le sport n’est pas un luxe. C’est un moteur. C’est un levier. C’est une arme douce de rayonnement international.

Alors, à vous, décideurs : osez ! Osez inscrire le CHAN dans la trajectoire de Simandou 2040. Osez marier l’économie et le sport. Osez rêver pour notre jeunesse et pour notre pays.

Parce que demain, l’histoire retiendra ceux qui ont bâti, pas ceux qui ont reculé.

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