Il ne suffit pas d’invoquer le mot « modernisation» pour justifier toutes les décisions, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans un désordre planifié, sans cohérence, ni anticipation. Le développement, Monsieur le Ministre, ce n’est pas une succession d’annonces, encore moins une course effrénée vers la symbolique de la reconstruction ; c’est avant tout une vision, une prévision et une anticipation. Or, dans votre démarche, il n’y a ni l’une, ni l’autre.
La réaction du Ministre des Sports Keampu Bogola Haba sur sa page Facebook officielle à propos des travaux de modernisation du stade du 28 Septembre et du gymnase de Handball ce mercredi 29 ocobre a tout d’une communication de justification tardive. Car avant de parler d’une «coopération des occupants du stade», il aurait fallu prouver la capacité du département à achever ce qu’il a commencé.
La première phase de modernisation du stade du 28 Septembre, rappelons-le, n’est toujours pas achevée. Plusieurs dates de livraison ont été avancées par le même ministère, sans jamais être respectées. Comment peut-on raisonnablement parler d’une seconde phase alors que la première traîne encore dans les sables mouvants de la bureaucratie et de la lenteur administrative ? Où est la cohérence ? Où est la rigueur ?
Plus grave encore, dans tout ce discours officiel, aucune mesure transitoire n’est évoquée pour permettre aux équipes de handball, de basketball, de judo ou de boxe de poursuivre leurs activités dans des conditions dignes. Où sont les infrastructures provisoires? Où est la stratégie d’accompagnement? Où sont les garanties de maintien du niveau de compétition nationale?
Le football, que le Ministre semble vouloir ériger en unique boussole du sport guinéen, est déjà le parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Depuis trois ans, nos clubs et nos équipes nationales errent de stade en stade, de pays en pays, faute d’aires de jeu homologuées. Faut-il répéter cette même erreur pour les autres disciplines ?
Moderniser, oui. Détruire sans alternative, non. Car derrière chaque salle démolie, ce sont des carrières suspendues, des athlètes découragés, et une dynamique sportive brisée. Le handball, le basket, le judo, la boxe, le karaté et bien d’autres sports méritent mieux que des promesses creuses et des projets mal planifiés.
Monsieur le Ministre, la modernisation ne se décrète pas, elle se construit dans la clarté, la méthode et le respect des acteurs concernés. Gouverner le sport, c’est savoir écouter, planifier et anticiper. C’est aussi savoir que le développement durable des disciplines ne se mesure pas à la beauté des maquettes, mais à la continuité de la performance sur le terrain.
Et pour cela, la Guinée a besoin d’un véritable architecte du sport, pas d’un chef de chantier pressé.






