La demande du Premier ministre Amadou Oury Bah de voir l’ensemble des ministères lui transmettre, sous 48 heures, les copies des contrats publics signés depuis le 5 septembre 2021 suscite des interrogations sur ses motivations. Face à la presse mercredi, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat et porte-parole adjoint du Gouvernement, Moussa Moïse Sylla, a apporté des précisions sur cette démarche.
Selon lui, cette instruction s’inscrit avant tout dans une logique de transparence, de traçabilité et de centralisation de l’information publique. Le ministre établit notamment un lien entre cette initiative et les réformes engagées par le Gouvernement dans le cadre de la modernisation de l’administration.
«Le Premier ministre demande à l’ensemble des membres du gouvernement de lui transmettre sous 48 heures l’ensemble des contrats qui ont été signés depuis septembre 2021», a expliqué Moussa Moïse Sylla.
Pour le porte-parole adjoint du Gouvernement, il ne s’agit pas d’une opération visant particulièrement certains ministres. La démarche répondrait plutôt à la nécessité de disposer d’une vision consolidée des engagements contractuels de l’État, alors que plusieurs départements ont connu des changements de responsables au fil des années.

«Plusieurs ministres ont passé à un portefeuille ministériel et donc des contrats ont été signés par différents ministres. Donc l’ensemble de ces contrats réunis permet au Premier ministre (…) de centraliser l’ensemble des contrats, de les documenter et d’avoir des éléments d’appréciation qu’il peut soumettre au président de la République», a-t-il précisé.
«Il n’y a pas de ciblage»
Moussa Moïse Sylla a surtout tenu à lever toute ambiguïté sur la portée de l’instruction. Selon lui, la collecte des contrats concerne l’ensemble des départements et ne traduit aucune volonté de mettre sous pression un ministre ou un responsable particulier.
«Il n’y a pas de ciblage dans ce qu’il a demandé», a-t-il insisté, rejetant l’idée selon laquelle certains ministres seraient spécifiquement dans le viseur de la Primature.
L’objectif serait également de permettre au Gouvernement de mieux apprécier les montants engagés au titre des dépenses publiques et de disposer d’une documentation complète sur les contrats conclus au cours de la période concernée.
Cette démarche intervient dans un contexte où l’exécutif met en avant la digitalisation et la modernisation de l’administration. Pour Moussa Moïse Sylla, la centralisation des contrats participe de cette même logique : réduire la dépendance au papier, accélérer les procédures et renforcer la traçabilité des actes administratifs.
«C’est une procédure administrative normale (…) dans un esprit de voir un peu plus clair sur ce qui a été fait», a-t-il résumé.
Selon le ministre, l’ensemble des membres du Gouvernement concernés ont, dans l’intérêt de l’État, transmis les contrats demandés. Une opération qui, au-delà de la simple collecte documentaire, doit permettre à la Primature de disposer d’une photographie plus précise des engagements contractuels et financiers de l’administration guinéenne depuis septembre 2021.






