Accueil SOCIETE Conakry : déguerpir pour reconstruire, mais surtout pour respirer!

Conakry : déguerpir pour reconstruire, mais surtout pour respirer!

Les opérations de déguerpissement actuellement en cours à Conakry marquent, qu’on le veuille ou non, un tournant décisif dans l’histoire urbaine de notre capitale. Longtemps étouffée par l’anarchie, l’occupation illégale et l’absence de planification rigoureuse, Conakry tente aujourd’hui de se redessiner. Et sur ce point, il faut le dire sans détour: ces actions sont salutaires. Oui, déguerpir est douloureux. Oui, cela bouscule des habitudes, des vies parfois, et des économies informelles. Mais une capitale ne peut prospérer durablement dans le désordre. Une ville ne peut respirer lorsqu’elle est prise en otage par l’improvisation permanente. Il était donc devenu impératif d’agir.

Cependant, agir ne suffit pas. Il faut bien agir. Les aménagements qui suivront ces déguerpissements doivent impérativement être pensés avec vision, intelligence et humanité. Il ne s’agit pas simplement de remplacer des occupations anarchiques par du béton brut, froid et impersonnel. Conakry n’a pas besoin d’une capitale minérale, étouffante et grise. Elle a besoin d’âme, d’ombre… et de verdure.

Car soyons honnêtes, Conakry a perdu sa verdure depuis trop longtemps. Les arbres ont reculé, les espaces verts ont disparu, et avec eux une partie de notre qualité de vie. Une ville sans arbres est une ville qui transpire, qui fatigue ses habitants, qui vieillit mal. Le béton seul ne fait pas une capitale moderne ; il la rend parfois invivable.

Il est donc temps d’intégrer la nature au cœur de la politique d’aménagement urbain. Des plantes, des arbres, des jardins publics, des espaces de respiration doivent accompagner chaque projet. La verdure n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Elle apaise, elle protège, elle embellit et elle humanise l’espace urbain.

Aux autorités, faites de Conakry une capitale qui se voit, mais aussi une capitale qui se vit. Une ville qui impressionne par ses infrastructures, mais qui séduit par son équilibre entre modernité et nature.

Aux populations, le message est tout aussi important. La ville est notre bien commun. La préserver, l’embellir et la respecter relève de notre responsabilité collective. Déguerpir aujourd’hui, c’est peut-être préparer une ville meilleure pour demain. Encore faut-il que chacun accepte de jouer son rôle.

Conakry peut renaître. Mais qu’elle renaisse verte, respirable et fière, et non ensevelie sous une mer de béton.

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