Le ton était direct, le message assumé. À l’occasion de la conférence de presse de prise de contact entre les porte-parolats de la Présidence de la République et du Gouvernement, le Ministre Secrétaire Général de la Présidence et Porte-parole de la Présidence, le Général Amara Camara, a livré une charge sans détour contre certaines dérives qui, selon lui, caractérisent l’espace communicationnel guinéen.
Au cœur de son intervention: la course aux vues, la monétisation des pages, la désinformation et l’instrumentalisation des clivages ethniques et politiques.
«Ce qui a caractérisé l’effort de communication en Guinée, c’est la monétisation des pages », a-t-il déclaré, dénonçant une logique qui consisterait à privilégier le buzz et les milliers de vues au détriment de la fiabilité de l’information.
Pour le Général Amara Camara, cette course à l’audience peut avoir des conséquences bien plus profondes que les seuls enjeux numériques. «L’intoxication ne peut plus être un mode de communication en République de Guinée», a-t-il martelé, estimant que la propagation de fausses informations contribue quotidiennement à «fragiliser le tissu social».
«Pensons République»
Le Porte-parole de la Présidence a également pointé du doigt les contenus susceptibles d’alimenter les tensions ethniques et régionales. Son appel est sans ambiguïté: sortir des réflexes communautaires pour replacer le débat dans une perspective nationale.
«La Guinée mérite mieux. Il y a certains débats qu’on devrait dépasser aujourd’hui. (…) Qui a l’ethnie, qui a la région, pensons République. Pensons République», a-t-il insisté.
Dans cette même logique, le Général Amara Camara a appelé les journalistes et communicants à assumer leur responsabilité dans la diffusion de l’information. Pour lui, l’information vraie doit redevenir le socle du débat public, afin que les citoyens puissent se forger leur propre opinion sur la base de faits vérifiés.
L’intervention a également pris une dimension politique. Le Général Amara Camara a appelé à dépasser les débats permanents autour de la prochaine présidentielle, rappelant, dans son propos, le calendrier institutionnel qu’il évoque.
«On veut tous les jours parler de l’élection présidentielle, et ça se fera dans sept ans. Qu’est-ce qu’on veut finalement ?», a-t-il lancé, invitant les acteurs de la communication à élargir leur regard et à placer les enjeux de la République au-dessus des querelles politiques quotidiennes.
Son message s’inscrit ainsi dans une volonté affichée de recentrer le débat public sur le travail, le développement, la cohésion sociale et l’intérêt général, plutôt que sur la confrontation permanente.
En conclusion, le Porte-parole de la Présidence a livré un appel à l’apaisement et à la responsabilité collective: «La Guinée qui vit en communion, en harmonie avec ses filles et ses fils, c’est de celle dont nous avons besoin aujourd’hui.»
Un plaidoyer pour une communication plus responsable, dans un environnement numérique où la recherche du buzz ne devrait, selon lui, jamais prendre le pas sur la vérité et la cohésion nationale.






