TRISTE.
Jusque-là, on pensait que le Maroc s’agitait juste pour calmer l’opinion et atténuer dans la durée une grogne populaire dans le royaume chérifien après l’échec des Lions de l’Atlas lors de la finale de la CAN 2025 face au Sénégal. Non. Leurs yeux et leur esprit sont restés rivés sur le trophée continental qui leur a échappé sur le terrain à Rabat face à un Sénégal plus méritant et plus conquérant.
Ils ont quitté l’aire de jeu pour arpenter les couloirs de la CAF, dont la commission disciplinaire avait pourtant pris des sanctions contre le Sénégal suite aux incidents qui ont émaillé la rencontre. Des sanctions jugées trop douces pour le “crime” que le Sénégal venait de commettre avec brio, aux yeux du monde entier, contre les nouveaux “boss” du football africain.
Les Marocains ont ainsi poussé le jury d’appel à assouvir leur vœu : ne pas perdre cet autre match. Celui que l’on gagne à coups d’influence, de charges infondées et de rapport de force. À l’arrivée, la CAF se plie et fait acte d’allégeance pour valider une victoire marocaine sur tapis vert qui dessaisit le Sénégal de son titre de champion d’Afrique. Ce jury d’appel n’a fait que se substituer à l’arbitre qui a conduit le match jusqu’à son terme, et exécuté le penalty au moment où l’on s’appuie sur un forfait (art 82 et 84) suite à une sortie temporaire des joueurs sénégalais, pour falsifier l’histoire en gommant la vérité du terrain.
Quelle honte pour l’Afrique. Quel scandale pour notre continent ! Ils ont osé octroyer une victoire volée à la morale et à l’éthique. Une victoire salie à l’encre de fausses accusations. Une victoire qui efface le terrain et qui privilégie les coulisses chargées d’injustices de la CAF. Le monde n’en revient toujours pas, mais ils l’ont fait au mépris de l’esprit sportif, deux mois après avoir remis un trophée et des médailles.
En ce jour, la palette des ressentis côté sénégalais a fait le plein de frustrations. Parce que la CAF, au service du chef, a franchi ainsi le seuil de la dégringolade dans la gouvernance du football africain. Un machin en quête de crédibilité perdue, à la solde de quelques individus boulimiques. Elle est devenue pour le football africain une question sans réponse.
La coupe au Maroc, ce sera sans doute dans la confidentialité d’un salon, mais pour parader avec un trophée retiré au vrai vainqueur deux mois après. Quel spectacle. Une vraie honte, une gloire usurpée et exhibée, un hold-up de classe mondiale. Une première dans toute l’histoire du football mondial. Voilà l’Afrique, et c’est regrettable.
Mais le droit sera dit, car une CAN ne se gagne pas sur un simple fantasme. Et l’ivresse du 18 janvier ne sera pas la gueule de bois du 17 février.
Abdoulaye Dabo.
Journaliste consultant.






