Une couronne de meilleur buteur de Ligue 1 (14 réalisations) sous les couleurs du Wakriya AC de Boké, un but au CHAN face à l’Afrique du Sud … Ça sentait bon la trajectoire d’un futur grand Moussa Moïse Camara. Sauf que le GPS du football guinéen a encore planté. Destination : le Soudan. Oui, ce pays en guerre où le football n’est plus vraiment la priorité du peuple. Mais qu’importe, El Merreick, l’un des clubs mythiques du pays, tend les bras à l’un des attaquants les plus prometteurs du moment.

Alors, faut-il s’en réjouir ou s’inquiéter ? Il fut un temps, pas si lointain, où nos cracks mettaient le cap sur l’Europe, où nos pépites allaient titiller les pelouses françaises, belges ou portugaises. Aujourd’hui, la tendance a changé : Tanzanie, Soudan, Libye… On a l’impression que nos meilleurs talents deviennent des globe-trotters sans boussole, happés par des championnats où le ballon n’est parfois qu’un prétexte.
Le cas Abdoulaye Yonta Camara est encore frais dans les mémoires. Meilleur buteur, lui aussi, il avait pris le large pour la Tanzanie. Résultat ? Quelques mois plus tard, plus aucune trace. Disparu des radars, avalé par l’oubli.

Et la liste est longue, très longue : Elhadj Abdourahmane Bah, Abdoulaye Yonta, Ibrahima Kalil Touré, Ibrahima Sory Oularé, Kilé Bangoura, Alseny Camara Agogo, Mohamed Thiam Garantie, Mohamed Lamine Soumah Maldini, Victor Kantabadouno, Mamadouba Bangoura… autant de promesses envolées.
Alors, question simple : est-ce le niveau de notre championnat qui est trop bas ou celui de nos joueurs qui est surestimé ?
Parce que soyons honnêtes : un meilleur buteur à 14 buts, c’est sympa pour la photo, mais est-ce suffisant pour prétendre à la scène européenne ? Peut-être pas. Sauf que le vrai drame, ce n’est pas qu’ils partent au Soudan ou en Tanzanie, c’est qu’ils partent… et qu’on ne les revoit plus. Comme si nos talents mouraient à petit feu, étouffés par des choix de carrière douteux et un entourage plus intéressé par la prime de signature que par la suite du film.
Au fond, ce nouveau transfert illustre surtout une chose : la trajectoire de nos buteurs ressemble de plus en plus à une comète. Ça brille une saison… puis ça s’éteint, loin des regards, quelque part entre Omdurman et Dar es-Salaam.
Alors, prions juste pour que cette fois-ci, l’histoire ne se répète pas. Mais connaissant nos antécédents… on peut déjà préparer la chronique de l’oubli.






