Ils n’ont plus de salle. Ils ont désormais un billet pour le monde. Samedi 19 septembre 2026, en Côte d’Ivoire, le Syli Handball Cadet a disposé du Rwanda (25-22), décrochant du même coup sa qualification pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations U18 et, surtout, son ticket pour le prochain Championnat du Monde de la catégorie. Lundi 21 septembre, les Guinéens retrouveront la Tunisie pour une place en finale.
Ils ne sont pourtant que la deuxième vague. Quelques semaines plus tôt, les U20 garçons avaient déjà forcé la porte du Mondial. Deux sélections, deux qualifications, une même Fédération, et un point commun qui dit tout: aucun gymnase.
Car depuis la démolition de l’enceinte du Stade du 28 Septembre, livrée aux travaux d’homologation destinés au football, le handball guinéen vit à ciel ouvert. Ni salle, ni alternative. La Fédération Guinéenne de Handball avait fixé l’objectif à ses deux équipes avant leur départ de Conakry. Elles y sont parvenues. Sur le bitume, sous la pluie, dans la poussière, à force de séances improvisées sur le goudron de la capitale. Là où d’autres auraient déposé les armes, ces jeunes ont polis leurs gammes.
Le résultat est une anomalie statistique autant qu’une leçon. Dans un pays où le handball ne dispose plus d’un toit, il demeure la seule discipline collective à honorer le sport guinéen sur la scène internationale. Les filles avaient ouvert la voie il y a quelques mois. Les U20 ont suivi. Voilà les cadets. Chaque génération reprend le flambeau, comme si l’absence de murs avait fini par forger une culture: celle de ne plus rien attendre, sinon de soi-même.
Il serait tentant d’y voir une simple histoire de courage. C’en est aussi une de gâchis maîtrisé. Car si la Guinée valide aujourd’hui ses billets pour les Championnats du Monde, elle le doit à des joueurs qui s’entraînent sur un revêtement que le handball n’a jamais revendiqué, et à une Fédération qui a dû bâtir des exploits là où l’on avait retiré les fondations.
Lundi, face à la Tunisie, le Syli Cadet jouera une demi-finale continentale. Il le fera sans salle, sans confort, sans garanties. Mais avec un drapeau à hisser, une fois encore, et l’étrange privilège de ceux qui n’ont plus rien à perdre seulement tout à prouver.






