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Bah Oury en mode franc-parler : “Construire la Guinée, ce n’est pas manifester pour détruire !”

Le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah était l’invité de nos confrères d’Africaguinée.com ce samedi. Face aux questions brûlantes de l’actualité nationale, il a livré un discours franc, truffé de métaphores et de mises au point. BafilaNews.com décrypte pour vous quelques extraits de son intervention.

Sur les manifestations en Guinée, pour le chef du gouvernement, l’attention accordée aux manifestations dans le pays est disproportionnée :

Disons, vous accordez trop d’importance à ce qui, dans le contexte de la Guinée d’aujourd’hui, n’a pas tellement d’importance. Oui, c’est l’actualité, mais l’actualité la plus intéressante, c’est le souhait et le désir des guinéens de changer vraiment d’environnement. De ne plus vivre dans un environnement schizophrénique à chaque jour : manifestations par ici, manifestations par là.”

Il rappelle que si certains manifestent contre le processus en cours, d’autres, notamment dans la diaspora, se mobilisent pour soutenir la démarche des autorités :

“Vous voyez les manifestations de ceux-là, mais il y a des guinéens qui sont un peu partout à travers le monde qui organisent des manifestations pour montrer leur adhésion à l’approche politique, à la démarche politique qui est en cours. Donc il faut avoir une vision équilibrée du processus.”

Sur le respect de la loi, pas de demi-mesure pour Bah Oury :

“La loi s’applique pour tous ses aspects-là hein. Si vous avez besoin de manifester et si vous créez le désordre, il va de soi que les règles de droit vont s’appliquer.”

Sur le débat autour du référendum, le Premier ministre distingue deux approches : celle qui participe et construit, et celle qui rejette et détruit :

Qu’est-ce qui empêchait, dans le cadre de la campagne référendaire, que les partisans du oui s’organisent pour exprimer leur point de vue, sensibiliser, susciter une adhésion massive en s’intégrant dans un processus normal ? Il n’y aurait pas eu de problème.”

Mais il déplore le rejet catégorique du processus par certains acteurs :

“D’emblée, en rejetant catégoriquement le processus qui est engagé, cela veut dire que l’on n’est pas là pour apporter une démarche constructive, on est là pour une démarche destructive. Et les deux approches sont totalement différentes.”

Sur les assises nationales, avec une métaphore culinaire, Bah Oury illustre l’attitude de ceux qui ont boycotté les assises :

“Quelqu’un qui ne veut pas parler, qui ne veut pas dialoguer, vous l’invitez maintes fois à partager un repas ensemble, il dédaigne ce que vous lui proposez malgré que ce repas est bien conçu.”

Il défend ensuite le rôle de ces assises dans la réconciliation et la gouvernance :

Lorsque le Président de la République avait lancé la nécessité de l’organisation des assises nationales, il y a certains qui avaient dit : bouff, ça ne rime à rien, c’est une mascarade. Oui ou non ? Et Dieu sait que les assises nationales ont permis de tracer les dynamiques pour une véritable réconciliation nationale dans ce pays, pour une gouvernance équitable qui prend en compte l’ensemble des enfants de ce territoire. Même des victimes par le passé ont été prises en charge pour des soins, et le processus continue.”

Il met en avant un acquis majeur de ces assises :

“Une revendication essentielle dans un pays, c’est d’avoir son histoire écrite. Les assises nationales ont permis, à travers des recommandations pertinentes, de faire en sorte que l’écriture de l’histoire générale de la Guinée est en train d’être engagée et des démarches opérationnelles progressives pour cela sont en cours.”

En guise de conclusion, Amadou Oury Bah lance un message clair :

Quelqu’un qui aime son pays, quelle que soit sa position, lorsque ce pays s’engage dans une démarche de construction, de changement en profondeur et que vous dédaignez cela, je pense que le peuple de Guinée décidera si, oui ou non, ceux-là ont toujours le droit à prétendre représenter une parcelle de cette souveraineté déléguée par le peuple.”

En claire entre métaphores de repas, avertissements sur le respect de la loi et plaidoyer pour la construction nationale, le Premier ministre a livré un message sans détour : le futur de la Guinée dépendra de la capacité des acteurs à choisir le camp de la construction plutôt que celui de la destruction.

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