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Handball / Gymnase du 28 Septembre: pourquoi vouloir détruire l’existant avant de construire l’alternative?

Au-delà de la polémique qui enfle autour du gymnase du stade du 28 Septembre, une question simple mérite d’être posée: pourquoi vouloir démolir la seule infrastructure nationale dédiée au handball avant même que la structure de remplacement promise ne soit sortie de terre?

Le communiqué publié par la Fédération Guinéenne de Handball (FGH) sonne comme un cri d’alerte. L’instance affirme qu’en cas de destruction du gymnase actuel sans solution de rechange préalable, elle sera contrainte de retirer les sélections nationales des compétitions africaines et mondiales. Une menace lourde de conséquences pour une discipline qui, depuis plusieurs années, tente de maintenir sa place sur la scène continentale.

Pourtant, les documents disponibles montrent qu’une solution avait été envisagée depuis plusieurs mois. Le 27 novembre 2025, un ordre de service signé par le ministère des Sports d’alors lançait officiellement la deuxième phase des travaux de réhabilitation du stade du 28 Septembre. Cette phase prévoyait notamment la construction d’un nouveau gymnase omnisports, en parallèle des autres aménagements du complexe sportif.

Sept mois plus tard, le constat est difficile à ignorer: aucune nouvelle infrastructure n’a vu le jour. Pas une brique n’a été posée pour offrir une alternative aux handballeurs guinéens. Or, sept mois représentent un délai largement suffisant pour engager de manière visible un chantier de cette envergure, ou du moins atteindre un niveau d’avancement permettant d’envisager une transition progressive.

C’est là que réside le cœur du problème.

La Fédération Guinéenne de Handball ne conteste pas le principe de la modernisation des infrastructures sportives. Bien au contraire. Elle réclame simplement le respect d’une logique élémentaire: construire d’abord, démolir ensuite.

D’autant plus que le gymnase visé ne constitue pas un bâtiment quelconque. Il s’agit du principal centre d’entraînement des équipes nationales de handball et d’une infrastructure qui a accueilli au fil des années plusieurs compétitions nationales et internationales. Le supprimer aujourd’hui reviendrait à priver immédiatement les sélections d’un outil de travail indispensable, à quelques mois d’échéances sportives importantes.

Certains observateurs s’interrogent également sur les motivations avancées pour justifier une éventuelle démolition rapide. Si l’objectif est d’améliorer l’image générale du stade du 28 Septembre ou d’harmoniser son aspect visuel, une rénovation extérieure aurait pu constituer une solution temporaire. Quelques travaux d’embellissement auraient permis d’intégrer davantage le bâtiment à l’environnement du stade sans interrompre les activités du handball.

Le débat paraît d’autant plus légitime que d’autres occupations visibles continuent d’exister dans et autour de l’enceinte sportive: boutiques, garages, magasins et diverses installations qui participent également à l’encombrement du site. Dès lors, pourquoi faire du gymnase la priorité absolue alors qu’il demeure l’unique infrastructure fonctionnelle d’une discipline sportive nationale ?

En réalité, le dossier met surtout en lumière une problématique de calendrier et d’exécution. L’ordre de service existe. Les engagements ont été pris. Le projet de nouveau gymnase figure noir sur blanc dans les documents officiels. Mais le retard enregistré dans la réalisation des travaux semble aujourd’hui conduire certains acteurs à rechercher une solution plus rapide: supprimer l’existant avant que le remplaçant ne soit prêt.

Une approche qui fait peser l’essentiel des conséquences sur les athlètes. Car derrière les bâtiments et les considérations techniques, il y a des femmes et des hommes qui préparent des compétitions africaines et mondiales. Des sportifs qui s’entraînent depuis des mois avec l’ambition de représenter la Guinée. Leur demander de poursuivre cette préparation sans infrastructure adaptée reviendrait à compromettre leurs chances avant même le début des compétitions.

La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut moderniser le stade du 28 Septembre. Sur ce point, le consensus semble total. La question est de savoir pourquoi les préalables convenus n’ont pas été respectés. Si un nouveau gymnase était prévu, pourquoi sa construction n’a-t-elle pas commencé à temps? Si des solutions de remplacement avaient été envisagées, pourquoi ne sont-elles toujours pas disponibles ? Et surtout, pourquoi demander aujourd’hui au handball de payer le prix d’un retard dont il n’est manifestement pas responsable ?

La modernisation d’une infrastructure ne devrait jamais se faire au détriment d’une discipline sportive. Elle devrait au contraire renforcer l’ensemble du mouvement sportif national.

Construire avant de détruire. Préserver avant de remplacer. Dans ce dossier, cette logique apparaît non seulement raisonnable, mais également indispensable pour éviter que le handball guinéen ne devienne la victime collatérale d’un chantier qui accuse déjà plusieurs mois de retard.

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